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Les femmes incroyables de Jeju-do

Autrefois, en Corée du Sud, les femmes étaient stigmatisées par le Confucianisme

Jusqu’au XIVe siècle, le Confucianisme était la religion d’État. Selon la philosophie de Confucius, chaque personne a sa place, ses responsabilités et son rôle à jouer dans la société. Au sein de la famille, l’homme a le rôle du chef. Quant à la femme elle doit obéir à son père, à son mari et à ses fils. Actuellement les choses ont changé mais autrefois les femmes n’étaient pas considérées comme des êtres humains avant d’avoir donné un fils à leur mari.

Dans une île de la Corée du Sud, dans un endroit qui s’appelle Jeju-do, vivait une population de pêcheurs très pauvres. Beaucoup de femmes descendaient d’une lignée prestigieuse, celle des Mudangs (Chamanes). Elles étaient venues de Russie il y avait plus de 3 000 ans. Adeptes du chamanisme qui regroupe un ensemble de croyances, elles étaient proches des esprits de la nature, vénéraient les déesses du ciel, de la terre ou du vent. Ces femmes étaient des guérisseuses et des Chamanes. Un don qui se transmettait de mère en fille. Dans la société elles étaient placées, selon le confucianisme, au plus bas de l’échelle, au même rang que les gens de basse naissance. Pauvres, peu considérées par les hommes, elles étaient abandonnées à leur sombre destin et n’avaient plus qu’à se résigner. 

C’était sans compter sur les Déesses de la mer

À Jeju-do on vivait principalement de la pêche. Les hommes plongeaient en apnée jusqu’à 30 mètres pour ramasser des algues, des coquillages et des fruits de mer. Cela devenait de plus en plus difficile de s’en sortir financièrement. Cette basse besogne était non seulement pénible mais aussi très dangereuse car les requins étaient à l’affût.

Les hommes n’ont pas hésité à envoyer leurs femmes à leur place. Elles n'ont pas eu le choix t sont devenue les Haenyo.Toutefois, elles se sont avérées plus résistantes au froid, plus courageuses et, plus déterminées qu’eux. Ainsi, elles ont gagné de plus en plus d’argent et ont pu entretenir, à elles seules, toute leur famille. C’est comme cela qu’elles ont réussi à s’imposer. Finalement elles ont pris la place de leur mari et sont devenues les cheffes.

Pour ces femmes, les Déesses de la mer y étaient pour quelque chose. Conscientes et reconnaissantes, tous les ans, les plongeuses remercient la déesse de la mer Yeongdeung. Ce sont les femmes Chamanes de l’île qui organisent les rituels. Elles intercèdent également auprès des Déesses pour les soutenir et les protéger. 

Aujourd’hui les plongeuses sont de moins en moins nombreuses. De plus en plus âgées. Elles vont probablement disparaître mais resteront une légende. Elles ont déjà des statues à leur effigie dans l’île.

Jeju-do est devenu un endroit touristique et les plongeuses sont une attraction très prisée par les étrangers. Autrefois, elles plongeaient nues, aujourd’hui ce n’est bien sûr plus le cas.

Leurs filles ne suivent pas leur voie. Elles font des études et se font leur une place dans la société. Quant aux femmes Chamanes elles sont toujours présentes. Elles sont encore beaucoup consultées par la population pour divers événements de la vie. Ce sont des guides très écoutés.

Actuellement, en Corée du Sud, la pratique de la religion est libre. Selon le site Wikipédia, 43 % de la population serait athée. Le confucianisme ne concernerait plus que 1 % de la population. Les 56 % restant sont représentés par les chrétiens et les bouddhistes.

 

 

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