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La chasse aux sorcières continue

« Il n’y a point de fin dans nos inquisitions » (Montaigne)

L’Eglise s’affaiblissait, elle perdait de plus en plus de son autorité auprès du peuple. Les sectes se multipliaient. Le développement que prenait celle des  Cathares fît réagir  Grégoire IX.  Le 20 avril 1233, il créa une institution chargée de lutter contre les hérésies et confiée aux Dominicains : L’Inquisition.   

Débuta alors une chasse aux sorcières sans précédent.

Au début, les inquisiteurs s’en prirent aux hérétiques. Ils utilisèrent les grands moyens, entraînant le roi de France et ses barons du Nord contre ces apostats et leurs alliés, les Comtes du Sud. Si l’Eglise se débarrassa des Cathares, le roi y gagna les terres de leurs alliés laïcs. Par la suite, l’attention des inquisiteurs se porta sur de braves gens suspects, non seulement de ne pas adhérer aux dogmes de l’Eglise, mais aussi de faire alliance avec Satan. Cette alliance contre nature du Mal contre le Bien servait des motifs égoïstes : l’acquisition de pouvoirs occultes. L’Eglise encouragea le peuple à dénoncer ceux qui pratiquaient la magie noire. Cela devint un moyen de rendre les autres coupables des malheurs des uns. Beaucoup de problèmes personnels se réglèrent par la délation ; tels celui d’un père qui en se remariant menaçait l’héritage de ses enfants ; d’un voisin qui faisait de l’ombre ; d’une femme veuve qui troublait la paix des ménages.

L’Eglise  se faisait un devoir de mettre en garde ses ouailles contre de Démon. Chassé  du paradis, il  poursuivait  de plus belle son combat contre Dieu sur terre. Chaque dimanche le clergé mettait en garde les fidèles contre les démons qui cherchaient à soudoyer les hommes. Beaucoup trop succombaient. Il fallait arrêter ces traîtres, stopper leurs méfaits et extirper le mal.

Lorsque  la rumeur était lancée, qu’un tel ou une telle n’avait pas des comportements très catholiques : aussitôt il était capturé et emprisonné. La machine judicaire enclenchée, arrivait l’inquisiteur pour l’interrogatoire, deux religieux pour discerner l’hérésie et un notaire pour la consigner. Quant aux preuves, elles étaient extirpées avec une réelle expertise car tout était expliqué dans le « Malleus Maleficarum », sorte de guide pour les nuls pour débusquer les sorcières. On finissait par faire cracher à l’aposta son appartenance à la secte du diable, son reniement de Dieu, son baptême. Et, cerise sur le gâteau, sa conclusion d’un pacte avec Satan, scellé d’un baiser obscène et par le goût de la chaire humaine lorsqu’il festoyait avec lui.  

Arrivait le jour de l’autodafé. On venait de loin pour assister à  cette cérémonie qui ressemblait à une fête foraine, au cours de laquelle étaient lues et exécutées les sentences prononcées par l’Inquisition. Les coupables, accusés d’avoir renié Dieu, étaient presque tous condamnés à périr par le feu.

En se comportant de la sorte, l’Eglise ne faisait que combattre son plus grand ennemi, Satan qui prétendait évincer Dieu et s’emparer des âmes. Elle voulait éradiquer le mal sans tuer personne, fidèle à son commandement : « Tu ne tueras point ». Puis, elle se lavait les mains en remettant les condamnés à la justice des hommes : le pouvoir séculier.

Si pour l’Eglise l’inquisition est de l’histoire ancienne, la « chasse aux sorcières » se poursuit. Elle  n’a  en fait jamais cessé, pour la simple et bonne raison, que  l’on est toujours l’hérétique de quelqu’un pour des motifs religieux ou politiques.

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