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Témoignes, vécus, histoires

Le témoignage de Jean sur sa vie sexuelle

man 2495354 1920Si Jean a décidé de livrer son expérience c’est pour redonner un sens à sa vie, faire réfléchir, aider d’autres à ne pas vivre ce qu’il a vécu.

Aujourd’hui il a 62 ans, est marié, père et grand-père et heureux de l’être. Toutefois, son passé le poursuit, continue à le hanter :

«  En fin de compte je m'en suis pris à des jeunes garçons qui avaient l'âge de mes violeurs... C'est se qui me fait penser qu'il s'agissait bien d'une vengeance. Je suis éphébophile par mémorisation de fait. En offrant mon corps aux garçons et aux hommes, je perdure la destruction de ce corps maudit, mêlé de plaisir, de souffrance et de honte.  Sans vouloir chercher à minimiser les faits, je ne pensais pas qu'un jour la justice me rattraperait. La plupart des jeunes garçons acceptaient une expérience ou parce qu'ils avaient été abusés dans leur enfance ou par besoins matériel ou financier. Comme eux, je me suis prostitué dès l'âge de 14 ans dans les rues, les parcs et les gares... Je n'avais pas conscience des dangers que cela pouvait engendrer  « la programmation, le formatage de nouvelles générations de pédophiles voir aussi d'homosexuel ». 

Il n’est pas fier de son parcours. Après avoir abusé d’enfants entre 14 et 16 ans, il a décidé de suivre sérieusement une thérapie et cela fait maintenant des années qu’il a renoncé à son penchant, mais ne se dit pas pour autant guéri. Il avoue devoir toujours lutter contre ses démons. Comme il le dit : Dans le disque dur de sa mémoire, il n’a pas pu effacer toutes les marques qu’ont laissées les hommes qui ont joué de son corps alors qu’il n’était qu’un enfant.

Il se dit fidèle à sa femme, respectueux de ses enfants mais son passé de pédophile continue de le hanter. Il regrette amèrement le mal qu’il a fait, qu’il ne pourra jamais réparer.

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Enfant, Jean a été placé dans un home. C’est là qu’il a été initié aux pratiques homosexuelles. Il a très vite compris que cela garantissait sa survie. Il en a également retiré l’attention, et l’affection qui lui manquait terriblement. Il était très jeune, issu d’un milieu défavorisé, sans personne pour lui dire que son corps lui appartenait et qu’il avait le droit de dire non. Petit à petit il a été pris dans l’engrenage. Plus tard, il a été placé dans une famille et là, c’est le père de famille qui s’est intéressé à lui. Il ressentait un plaisir mêlé de honte, parfois de désespoir et de souffrances physiques. A 17 ans, à nouveau placé dans un home, il a continué à libérer ses pulsions sexuelles et définitivement pris goût à ces pratiques. Pour lui cela s’est toujours passé sans contraintes, sans agression et c’est aussi ce qu’il a reproduit.

A son tour il est devenu un prédateur

En devenant adulte, ces pratiques n’auraient rien eu de répréhensibles si elles s’étaient passées entre adultes. Ce n’était pas le cas. Le problème fut qu’à son tour il est devenu un prédateur, qu’il ait abusé lui aussi de jeunes garçons. Il sait maintenant que lui aussi, a contribué à les programmer, à les formater pour que certains deviennent à leur tour des prédateurs et propager le cycle infernal.

C’est après des ennuis avec la justice et avoir purgé sa peine, que Jean a voulu y mettre un terme. Cela fait des années qu’il n’est pas retombé dans le piège de ses fantasmes, même si parfois il a doit encore se faire violence pour les chasser. Il n’est toujours pas certain de pouvoir y résister et ainsi de donner raison à tous ceux qui pensent qu’un pédophile est irrécupérable. C’est pour cela qu’il poursuit très assiduiement une psychothérapie.

Jean voudrait dire aux jeunes garçons ce qu’il aurait souhaité qu’on lui dise lorsqu’il était jeune :

Si un homme s’approche de vous :

Eloignez-vous !

Dénoncez-le !

N’ayez pas peur de dire non à un adulte, confiez-vous à vos parents, à une personne de confiance.

Sachez que votre corps vous appartient !

Peut-être qu’à votre tour vous auriez quelque chose à ajouter à ce témoignage. Vous pouvez le faire par le biais des commentaires. Dites ce que vous pensez mais sans jugement et sans propos dénigrants car ce n’est pas le lieu, ni le but de cet échange.

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